Les six paramita, vertus illimitées

Le Don water drop on green grass with butterfly

On parle de l’entrée dans la voie à travers le don.

La paramita du don, c’est le don désintéressé, qui n’attend rien en retour, qui n’a aucune motivation égoïste. L’univers entier vit sur le mode du don : donner-recevoir. On peut donner des biens matériels, mais aussi donner son temps, son énergie, sa concentration, etc. La diffusion de l’enseignement est également un don.

Le soutra de la grande sagesse (prajna paramita) nous donne cette définition du don : s’abstenir de distinguer le donateur, le bénéficiaire et la chose donnée.

Le maître zen Dogen s’exprime à son propos en disant : « donner c’est ne pas être avide, ne pas être avide, c’est ne pas convoiter… »

C’est être « mushotoku » : au-delà de tout calcul, et cependant au cœur de la réalité.

« Ne rien donner dans le sens de perdre, ne rien recevoir dans le sens de gagner, personne qui donne et personne qui reçoit, semblable à l’océan qui ne rejette rien et qui accepte tout ».

L’éthique, les préceptes

La religion bouddhiste vise à tempérer les désirs de l’ego et à nous encourager à nous éveiller à la réalité ultime. En général, les êtres humains recherchent le type de liberté qui va dans le sens de leurs désirs égoïstes, mais le bouddhisme nous enseigne le genre de liberté qui nous en détache.

Les préceptes servent à développer l’habitude mentale et physique de se détourner des mauvaises activités pour s’engager dans des actions justes.

Il ne suffit cependant pas de comprendre que le but des préceptes est d’empêcher le mal d’apparaître et qu’il faut simplement mener une vie saine…

Les préceptes sont plus qu’une simple éthique ; ils nous permettent de vivre à partir du soi authentique. Explorer le sens du soi authentique nous permet de nous libérer de la souffrance et d’atteindre la paix.

Empétrés dans nos illusions, les préceptes sont là pour nous guider, pour nous aider à observer notre vraie nature. L’esprit des règles n’est pas celui du châtiment. Il est celui d’aider.

Dans notre école sont enseignés seize préceptes fondamentaux : les « trois refuges », les « trois purs préceptes » et les « dix graves défenses ».

Plus qu’un ensemble dogmatique strict, il existe une plasticité de cette éthique fondamentale. Il est important de ne pas enfermer les préceptes dans un seul aspect. Cela permet de s’adapter aux différences culturelles et au cheminement des époques.  A chacun d’en observer le sens profond à travers sa propre sagesse et à partir de son aspiration à l’éveil.

  • L’invitation à prendre refuge dans les trois trésors est entendue comme trois préceptes. ( Voir ici le Lien ) 
  • Les trois purs préceptes : 
  1. Empêcher le mal d’apparaître.
  2. Pratiquer le bien.
  3. Faire cela non seulement pour soi-même, mais au bénéfice de toutes les existences.

La patience pleine conscience

La patience est un remède contre le poison de la colère et de la haine. Elle détruit l’inimitié et invite à voir les choses telles qu’elles sont.

La patience est nécessaire à laisser un espace aux choses et aux êtres. Ainsi parle-ton de « patience envers les êtres »…

La patience est nécessaire pour perpétrer son cheminement sur la voie !

Notre société occidentale regorge de propositions en termes de techniques de bien-être, d’évolution spirituelle. On pourrait presque parler d’un marché du bien-être ou de la spiritualité. Face à la multiplicité de ces propositions, bien souvent, on se trouve en position d’attente utilitaire, on voudrait des résultats immédiats.

Mais dans la réalité, on ne peut faire l’économie de la patience.

Cette patience s’exerce envers les êtres, mais aussi envers les difficultés, les douleurs que nous pouvons traverser dans la pratique.

Malgré cela, la patience est une disposition mentale source de joie.

 L’effort, l’énergie.  

Dans le bouddhisme mahayana, nous faisons le vœu d’aider toutes les existences à s’éveiller. Le Bodhisattva  fait le vœu de laisser passer les autres avant soi, allant jusqu’à renoncer à devenir Bouddha tant que tous les êtres ne seraient pas libérés.

A la lumière de cet enseignement, de ce vœu, on comprend à quel point l’effort et la persévérance sont nécessaires. Non seulement pour soi-même, mais pour notre entourage  et toute l’humanité.

Partager les mérites de notre pratique avec tous les êtres est le sens de notre pratique, cela requiert tout notre attention : chaque instant de la vie quotidienne est occasion de pratiquer, et cela, tout au long de notre vie.

Il n’y a pas un moment où l’éveil mettrait fin à notre pratique, à nos efforts. Que du contraire, s’éveiller est en même temps commencer à pratiquer, voir l’urgence qu’il y a à donner le meilleur de soi-même.

L’effort est l’antidote à la paresse. Mais il est aussi l’énergie enthousiaste à se tourner vers l’action juste, vers des activités positives, vers le bien…

Dyana / Zazen

Maitre deshimaru en zazenAbsorption, méditation, les mots sont délicats pour parler de la pratique de zazen enseignée dans notre école. Zazen n’est pas vraiment une forme de méditation puisqu’il n’y a aucune démarche pour diriger l’esprit vers des objets.

Aussi, le maître zen Dogen zengi, fondateur du zen au japon, parlait de « Shikantaza ». Dans la pratique de shikantaza, ni objet de méditation, ni mantra ne sont employés, ni aucune technique pour contrôler ou éliminer l’activité mentale. Le pratiquant est simplement assis droit dans la posture de zazen, respirant naturellement tout en abandonnant les pensées et les émotions, alors qu’elles surgissent et se dissippent. 

La pratique de zazen joue un rôle clé dans notre vie, et son énergie imprègne tous les autres aspects de nos activités quotidiennes.

Il est faux de penser que nous nous comportons comme un bouddha uniquement lorsque nous faisons zazen,  Si nous pratiquons profondément zazen, l’axe de notre vie, tout le reste sera soutenu par la sagesse et la compassion qui rayonneront de notre vrai soi. Cette énergie intérieure qui prend forme n’est autre que l’incarnation des préceptes.

Maintenir les préceptes crée le sol fertile sur lequel s’appuie notre pratique de zazen, et inversément, s’assoir en zazen nous permet de réaliser le sens des préceptes.

 La sagesse DSC02741

La perfection de sagesse, « Prajna Paramita », évoque la sagesse qui  soutien, qui se situe au delà des représentations de notre activité mentale ordinaire.

Dans le zen, la grande sagesse est réalisée à travers (et non séparée de) la pratique, plutôt qu’un moyen employé par le pratiquant pour « voir » la réalité.

 

 

 

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