L’esprit zen

Nombreux sont les enseignements du bouddhisme. Les huits préceptes de l’éveil, conseils de vie simples et pragmatiques, furent donnés par le Bouddha à la fin de sa vie.

Ils éclairent l’esprit de la pratique zen, au delà de la posture assise.

Absence de cupidité, de convoitise. 

Puisque l’être humain cupide recherche la renommée et l’intérêt personnel, il a également beaucoup de tracas et d’ennuis.

L’homme de la voie ne recherche rien, ne convoite rien, il échappe à ce tourment. 

L’être humain sans cupidité ne cherche pas l’attention de l’autre, il ne cherche pas à le flatter…  Il n’est pas non plus attiré par les racines sensorielles. 

L’absence de cupidité mène à un coeur pacifié, exempt de tout souci et de toute crainte.

L’expression japonaise « mushotoku » : sans  saisie, sans calcul personnel, reflète l’esprit de lâcher prise à la racine de l’assise silencieuse, le zazen.  

La sagesse de se satisfaire de ce que l’on a.

Contemplez la sagesse de vous satisfaire de ce que vous avez.

C’est dans la loi selon laquelle vous savez vous satisfaire de ce que vous avez qu’il y a la richesse et le plaisir, la paix et la douceur.

Tout en couchant à même le sol, l’homme qui sait se satisfaire de ce qu’il a, jouit toujours de la paix et du plaisir.

Tout en demeurant dans un palais céleste, celui qui est victime de ses appétits n’est toujours pas content… Celui-ci plaint celui là qui est sans cesse attiré par les cinq appétits.

Aussi simple qu’il puisse paraître, cet enseignement invite à la joie pure de l’existence, cette joie que l’on peut trouver à travers l’absorbtion unifiante pratiquée en zazen.

Le goût de la quiétude.

Quitter l’agitation de la foule et le bruit de ce monde pour demeurer dans un endroit calme.

Le temps de zazen, le dojo, répond essentiellement à cela : s’offrir un temps de silence, un moment de partage, loin de l’agitation.

L’application à la pratique

La constance dans la pratique, la régularité au dojo sont des vertus essentielles pour avancer sur la voie du zen.

C’est par exemple comme un ruisseau qui coule constamment et qui arrive à creuser la pierre.

Parfois l’avidité spirituelle forme une subtile entrave, on veut obtenir un état d’esprit transcendant et on reste en fait focalisé sur des idéaux… Notre esprit veut saisir : paradoxalement on ne lâche pas prise. La discipline du dojo, le cadre, aident cependant à avancer.

L’attention constante

Le maintient de la pensée juste, ne pas oublier l’esprit de zazen.

Celui qui perd l’attention perd aussi la multitude des vertus acquises.

La pratique de la posture de méditation assise est la racine, mais la pratique du zen ne se limite pas au temps de zazen, elle se répercute dans toutes les actions de la vie quotidienne.

 La pratique du recueillement

Le recueillement, également nommé « samadhi » voit la combustion totale de nos points de vue erronés.

Lorsque le coeur est en recueillement, il peut connaître l’aspect de la loi dans l’apparaître et le disparaître des choses, dans l’impermanence.

Pratiquer le recueillement amène à former des digues pour l’eau de la sagesse et à ne pas la laisser s’échapper.

Zazen, dans l’unité du corps et de l’esprit, n’est autre que la pratique du recueillement silencieux.

 

La pratique de la sagesse

Réfléchissez toujours par vous-même afin de ne pas perdre cette sagesse.

La sagesse n’est autre qu’un bateau solide et indéfectible naviguant sur l’océan de la vieillesse, de la maladie et de la mort. De même elle n’est autre qu’une grande lampe allumée dans le ténèbres de l’ignorance.

Procurez vous de plus en plus de bénéfices de la sagesse par l’écoute, la pensée et la pratique. Si l’homme est éclairé par la sagesse, même si il garde son oeil de chair, c’est un homme muni de l’oeil clairvoyant.

 

Le renoncement à la vaine dispute.

L’éveil (à notre nature profonde) est quitte du jugement analytique. Voilà ce qu’on appelle le renoncement à la vaine dispute. Pénétrer l’aspect réel jusqu’au fond n’est autre que ce renoncement à la vaine dispute. 

Trop souvent nous sommes pris dans l’étau de la dualité, nous nous en tenons aux formes, aux objets du mental : notre esprit rebondi à chaque pensée comme une balle de ping-pong.

La voie du zen n’étouffe pas la pensée, cependant elle pointe au delà de ces dualités de passage,  sans substance ou noumène. La pratique du zen pointe vers la liberté.

 

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