Enseignement de Fukuyama Taiho – Avril 2016

Ci dessous, les voeux du supérieur du monastère de Eihei-ji, monastère principal de l’école zen soto au Japon:

Les nombreux défis auxquels nous sommes actuellement confrontés nous amènent à nous interroger sur notre mode de vie.

Cinq ans ont passé depuis le grand tremblement de terre de l’est du Japon, le grand tsunami, et l’accident à la centrale nucléaire de la Tokyo Electric Power Company, Fukushima Daiichi, et pourtant de nombreuses personnes sont encore plongées dans la tristesse et l’anxiété. De plus, des maux tels que le changement climatique, les désastres, les guerres, les conflits, les actes terroristes, la pauvreté, la discrimination, le suicide et la maltraitance ne cessent de s’étendre. Karamon gate is pictured at the Eiheiji temple in Eiheiji town

Regardant cette réalité en face, nous appelons de tous nos vœux la réalisation d’une société dans laquelle les gens aient de la compassion les uns pour les autres et où il n’y ait pas de conflits, une société qui ne dépende pas de l’énergie nucléaire, qui soit mutuellement-revigorante et qui accorde de la valeur à la vie, toutes choses basées sur nos efforts pour « respecter les droits de l’homme, établir la paix et conserver l’environnement » et sur les enseignements de «ne pas tuer et ne pas autoriser les autres à tuer ».

Dans Le Sens de la pratique et de la certification (Shushogi), on trouve l’enseignement suivant : « L’océan ne rejette aucune eau ; c’est la coopération. C’est pour cela que l’eau s’accumule et devient un océan. » La « coopération » est cet aspect de l’océan qui ne rejette aucune eau. c’est une façon de vivre qui nous permet d’accepter la tristesse et la souffrance des autres comme si elles étaient les nôtres. C’est une façon de vivre qui est harmonieuse, car nous ne dressons pas de barrière entre nous et les autres, entre nous et les choses.

Cette année, étudions la sagesse de la « coopération » telle qu’elle est exposée dans Les Quatre Méthodes universelles du bodhisattva et commençons par le vœu d’apporter du bien-être aux autres en « aspirant ensemble, se tenant debout ensemble et marchant ensemble ».

Dans cette vie humaine éphémère, recevons les enseignements du Bouddha et des deux fondateurs en nous asseyant paisiblement face à nos ancêtres, le dos droit, régulant notre respiration et harmonisant notre esprit. La grande bonté et la grande compassion de zazen deviendront par elles- mêmes le pouvoir de la «coopération ».
Chaque jour, pratiquons le vœu du bodhisattva de manifester de la compassion pour les autres et de vivre ensemble avec les autres.

Fukuyama Taiho
Supérieur de la Sotoshu
1 avril, 2016