Archives pour la catégorie Enseignements

Le vent cesse, je vois tomber une fleur…

Un poème dit : « Le vent cesse, je vois tomber une fleur. L’oiseau qui chante me fait découvrir le calme de la montagne. »

Quand vous faites zazen, vous ne devriez pas essayer d’atteindre quoi que ce soit. Juste être assis dans le calme intégral de votre esprit sans vous fonder sur rien.

Garder le corps droit signifie ne se fonder sur rien.

Gardez simplement le corps droit sans vous pencher ni vous adosser. De cette manière vous atteindrez physiquement et mentalement le calme intégral.

Mais se fonder sur quelque chose ou essayer d’atteindre quelque chose ou essayer de faire quelque chose pendant zazen, c’est être dans la dualité, et non dans le calme intégral.

Nous devrions établir notre pratique là où il n’y ni pratique, ni illumination. Tant que nous pratiquons zazen là où il y a pratique et illumination, nous n’avons aucune chance de faire en nous-même la paix parfaite.

En d’autres termes, nous devons croire fermement en notre vraie nature !

Mais si vous essayez d’arrêter votre esprit ou de transcender votre activité consciente, ce ne sera pour vous q’un fardeau de plus… Laissez tout tel que c’est. Alors les choses ne resteront pas si longtemps dans votre esprit. Elles viendront naturellement, et s’en iront naturellement, c’est tout. Finalement, votre esprit restera assez longtemps clair et vide.

« Essence de l’esprit », « esprit originel », « visage originel », « nature de Bouddha », « vacuité », tous ces termes expriment le calme absolu de l’esprit.

Dogen zenji disait :  » Etablissez votre pratique au milieu de votre illusion ». Même si vous pensez être dans l’illusion, votre esprit pur est là.

Shunryu Suzuki Roshi. « Esprit zen, esprit neuf », Extraits

 

 

A chaque instant la vérité est là …

C’est un lieu commun : notre société nous invite sans cesse à la consommation, au divertissement, à nous tourner vers le superflu. Un superflu que nous payons tres cher, que nous payons de notre liberté, que nous payons de notre tranquilité d’esprit.

Nous croyons trouver le bonheur dans toutes sortes d’illusions, mais en courant sans cesse après ces illusions, nous perdons la joie pure de l’existence.

Dans le dojo, en zazen, sur l’espace d’un zafuton, toute chose s’éclaire d’elle-même.

Dès lors que l’on abandonne l’idée du moi, notre nature profonde, notre nature de Bouddha se manifeste, sans paroles, sans images, sans pensées, sans mémoire – c’est zazen.

Dans le monde de la société, la mémoire est considérée come quelque chose de très important, c’est la bagage de notre moi. Bien sûr on a besoin de mémoire pour vivre en société, mais pour être Bouddha, la mémoire n’a aucun intérêt, aucune importance. A chaque instant, la vérité est là, pleine, entière, devant nous. Elle s’éclaire d’elle-même, c’est léveil. La vérité n’a pas de mémoire, elle est neuve à chaque instant.  (…)

Le principe originel, la nature profonde de l’univers englobe toute chose. Ne doutez pas de cela, la foi dans notre esprit profond.

 

Hosetsu Laure Scemama

Enseignement de Fukuyama Taiho – Avril 2016

Ci dessous, les voeux du supérieur du monastère de Eihei-ji, monastère principal de l’école zen soto au Japon:

Les nombreux défis auxquels nous sommes actuellement confrontés nous amènent à nous interroger sur notre mode de vie.

Cinq ans ont passé depuis le grand tremblement de terre de l’est du Japon, le grand tsunami, et l’accident à la centrale nucléaire de la Tokyo Electric Power Company, Fukushima Daiichi, et pourtant de nombreuses personnes sont encore plongées dans la tristesse et l’anxiété. De plus, des maux tels que le changement climatique, les désastres, les guerres, les conflits, les actes terroristes, la pauvreté, la discrimination, le suicide et la maltraitance ne cessent de s’étendre. Karamon gate is pictured at the Eiheiji temple in Eiheiji town

Regardant cette réalité en face, nous appelons de tous nos vœux la réalisation d’une société dans laquelle les gens aient de la compassion les uns pour les autres et où il n’y ait pas de conflits, une société qui ne dépende pas de l’énergie nucléaire, qui soit mutuellement-revigorante et qui accorde de la valeur à la vie, toutes choses basées sur nos efforts pour « respecter les droits de l’homme, établir la paix et conserver l’environnement » et sur les enseignements de «ne pas tuer et ne pas autoriser les autres à tuer ».

Dans Le Sens de la pratique et de la certification (Shushogi), on trouve l’enseignement suivant : « L’océan ne rejette aucune eau ; c’est la coopération. C’est pour cela que l’eau s’accumule et devient un océan. » La « coopération » est cet aspect de l’océan qui ne rejette aucune eau. c’est une façon de vivre qui nous permet d’accepter la tristesse et la souffrance des autres comme si elles étaient les nôtres. C’est une façon de vivre qui est harmonieuse, car nous ne dressons pas de barrière entre nous et les autres, entre nous et les choses.

Cette année, étudions la sagesse de la « coopération » telle qu’elle est exposée dans Les Quatre Méthodes universelles du bodhisattva et commençons par le vœu d’apporter du bien-être aux autres en « aspirant ensemble, se tenant debout ensemble et marchant ensemble ».

Dans cette vie humaine éphémère, recevons les enseignements du Bouddha et des deux fondateurs en nous asseyant paisiblement face à nos ancêtres, le dos droit, régulant notre respiration et harmonisant notre esprit. La grande bonté et la grande compassion de zazen deviendront par elles- mêmes le pouvoir de la «coopération ».
Chaque jour, pratiquons le vœu du bodhisattva de manifester de la compassion pour les autres et de vivre ensemble avec les autres.

Fukuyama Taiho
Supérieur de la Sotoshu
1 avril, 2016

Nourrir la paix…

L’univers est un. Toutes les existences sont reliées les unes aux autres, interdépendantes. Devenir Bouddha influence toutes les autres existences, entre en résonance dans le cœur de toute les autres existences.

A la fin, vous ne devez pas douter qu’établir la paix au fond de votre cœur, que goûter à la joie pure de l’existence, c’est le plus beau cadeau que vous puissiez faire aux autres.

Et pour cela, il n’y a « rien à faire » : juste s’oublier soi-même car la paix existe au fond de notre esprit.

Si l’on adhère à l’enseignement du Bouddha, au monde de Bouddha, on comprend que ce qu’on a de mieux à faire est de fluidifier nos points de vue, de lâcher prise, d’arrêter de fabriquer des choses..                                                                                                                                                                                              

Tai Un Roshi, abbé du monastère de Kanshoji 

La vraie lumière ne brille pas, minuit est la vraie lumière

Ci dessous, un extrait du livre « La pratique du zen », recueil d’enseignements de maître Taisen Deschimaru, editions spiritualité vivantes

…  La vraie lumière ne resplendit pas. Elle n’illumine pas sous une forme spectaculaire comme la renommée. Un vieux maître zen, un jour d’hiver, dans un temple de montagne, s’adressa à son disciple : « j’ai très frois, s’il te plait, active le feu. » Le disciple observa : « il n’y a plus de lueur, le feu est mort, il n’y a plus que des cendres dans le foyer ». Le maître s’approcha, remua les cendres avec ses doigts et , tout au fond, trouva une petite braise rouge. « Regarde, ici tu peux voir une petite lumière.  » Il l’anima et la flamme jaillit toute grande. Alors le disciple s’éveilla. Ce feu est une image de la véritable illumination. Pour les occidentaux, le mot illumination évoque souvent quelque chose d’extraordinairement resplendissant. Mais la véritable lumière ne scintille pas à l’extérieur, elle n’a pas d’éclat.

Shinku, en japonais signifie : l’illumination vraie ne brille pas. C’est un koan… Ne pas montrer notre brillant au dehors. Découvrir la lumière originelle dans la terre de notre coeur. Inconsciemment, trouver, à travers la méditation en zazen,l’intuition de l’existence primitive. Recevoir l’énergie dans notre esprit et notre corps – jusqu’en chacune de nos cellules.  Bien sûr, le Bouddha a été illuminé, et son éveil est représenté symboliquement par un point sur le font. Mais dans le zen, l’illuminatin signifie aussi « ne pas avoir de geste faux ». L’illumination éclate dans chaque geste de la vie quotidienne.

Ainsi, l’illumination n’est pas seulement éblouissante, elle est parfois sombre. Parfois longue et parfois courte… La claire lumière jaillit dans la nuit obscure, et le merveilleux lotus fleurit dans la boue des marais. Un grand maître connut l’éveil en entendant un caillou tinter, un autre en voyant un pêcher en fleurs… L’illumination, « la grande intuition », surgit aussi dans le contact avec autruit, dans la communication… On peut trouver la lumière partout.  La grande sagesse consiste à s’harmoniser…

« Plus vous recherchez, plus vous vous perdez… « 

« La Voie, nous dit très clairement Maître Dôgen, n’est autre que l’harmonie du corps et de l’esprit. »
Cette harmonie, vous la trouvez en tournant votre regard vers l’intérieur.
Si il y a harmonie entre le corps et l’esprit, il y a aussi harmonie entre soi et le reste de l’univers, mais la racine, c’est harmoniser le corps et l’esprit.

Continuer la lecture de « Plus vous recherchez, plus vous vous perdez… «